Aller à la page d'accueil Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au plan du site

Le Cimetière chinois de Noyelles-sur-Mer

Le Cimetière chinois de Noyelles-sur-Mer

Retourner à la carte
NOYELLES

©Nicolas Bryant

Le Cimetière chinois de Noyelles-sur-Mer

Le hameau de Nolette - commune de Noyelles-sur-Mer - est situé à proximité de la Baie de Somme. Pendant la guerre, le littoral de la Manche est sollicité par les troupes alliées, dans un effort de soutien logistique. Cependant, le manque de main d’œuvre pousse le gouvernement britannique à recruter des travailleurs chinois volontaires. Le premier contingent arrive en France en avril 1917. Son rôle : la construction des infrastructures militaires britanniques et la main d’œuvre pour le débarquement et la gestion des munitions et de l’approvisionnement. L’effectif passe de 54 000 hommes à la fin 1917 à 96 000 au moment de l’armistice.

En mai 1919, 80 000 sont encore au travail, essentiellement employés au déblaiement des régions dévastées et à l’exhumation-inhumation des corps des combattants décédés sur les champs de bataille. Volontaires, majoritairement ruraux, ils provenaient essentiellement du littoral chinois et étaient sous contrat pour plusieurs années. Certains Chinois ont également été travailleurs pour le compte de la France, en 1917-1918, le pays manquant de main d’œuvre.

Le camp de travailleurs chinois de Noyelles-sur-Mer, plus grand camp de travail chinois, était à la fois un camp de transit et de travail, comptant parfois plus de 2 000 hommes, qui vivaient dans des conditions très difficiles. Le village a l’époque occupe une position géographique stratégique : la proximité avec le port de Saint-Valey-sur-Somme utilisé par l’armée britannique pour débarquer munitions et matériel (les grands ports comme Boulogne-sur-Mer étant des cibles trop évidentes pour l’aviation ou les sous-marins allemands) et la proximité avec l’un des plus grands camps de munition britannique situé à Saigneville, le long du canal de la Somme. La présence des travailleurs chinois a considérablement marqué les habitants du village de Noyelles-sur-Mer.

Les travailleurs inhumés à Noyelles-sur-Mer sont principalement morts à la fin de la guerre ou au début de l'après-guerre, de blessures ou de maladies.

Le mémorial et le cimetière

L’ensemble architectural associe le cimetière et le mémorial. Il a été construit à partir de 1921 d’après les dessins de Sir E. Lutyens, assisté du Capitaine Truelove. Le cimetière abrite les stèles de 841 travailleurs chinois, sur lesquelles sont gravées le nom des « coolies » inhumés, en idéogrammes et en anglais, ainsi que des expressions vantant leur mérite. Les travailleurs chinois ont été enterrés selon un rite funéraire spécifique.
Le cimetière constitue la dernière trace visible de la contribution chinoise au conflit dans la Somme.
Le mémorial est dédié à 40 Chinois morts sans sépultures connues et est intégré au mur d’enceinte du cimetière.

Des 841 hommes inhumés dans le cimetière chinois de Nolette, beaucoup décédèrent de maladies à l’hôpital du “Native Labour”, situé près du très important camp de Noyelles-sur-Mer. Si de nombreux travailleurs étaient victimes d’une maladie grave et contagieuse des yeux (en partie à cause du climat très différent du leur), beaucoup sont décédés à cause de la grippe espagnole.

Le cimetière actuel a aujourd’hui une triple identité :
- chinoise par le corps des travailleurs enterrés et du mémorial,
- britannique et chinoise par les éléments du cimetière rappelant la structure traditionnelle des cimetières du Commonwealth (pierre de Portland, forme des stèles…) d’une part et des végétaux et des idéogrammes rappelant la Chine d’autre part ;
- enfin le cimetière est également chinois, car il s’agit d’un cimetière conçu comme un jardin et qui s’inscrit totalement dans son environnement.  

La valeur universelle exceptionnelle du site

Le cimetière et le mémorial chinois de Noyelles-sur-Mer font partie des 11 sites de la Somme candidats à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Il s’agit d'un site unique du front occidental, exclusivement chinois. Plusieurs éléments architecturaux ou paysagers soulignent cette identité : idéogrammes, pommes de pin, portail d'entrée sinisant, essences végétales… Enfin, il se différencie par l’hommage porté aux travailleurs étrangers, non-combattants, venus de très loin pour soutenir l’effort de guerre.

La mémoire vivante

Une cérémonie est ponctuellement organisée par les autorités chinoises à l’occasion du Qing Ming, la « fête des morts » chinoise. Les touristes de mémoire sont nombreux à visiter ce site particulièrement original.

En pratique :