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Les "Une" d'époque, l'actualité en janvier 1915

En ce début d’année 2015, marqué par des évènements déjà historiques, réapproprions-nous les articles d’il y a un siècle, en 1915, quand la guerre que l’on pensait courte s’éternise, que les hommes combattant au front ne reviennent pas, que tout le pays s’organise au rythme du conflit…
 
Ce trimestre, nous nous intéressons à l’actualité de janvier et février 1915, avec deux articles du Journal d’Amiens – Moniteur de la Somme, journal local fondé en 1857. A l’époque Jules Verne a grandement contribué à ces journaux, signant aussi plusieurs articles.
 
Le premier article proposé date du 22 janvier 1915 et s’intitule Le raid des Zeppelins sur l’Angleterre. La presse défend la cause des Alliés, la France et le Royaume-Uni qui combattent ensemble depuis le début du conflit. L’article dénonce l’utilisation d’armes nouvelles par l’empire germanique, passant outre les nouvelles règles du droit international.
 
En effet, la fin du XIXe siècle est marqué par la montée des nationalismes en Europe et accentué par des tensions diplomatiques multiples entre États. De surcroît, le progrès technique réalisé en matière d’armement cause des dommages catastrophiques. C’est ainsi qu’une réflexion s’engage afin de limiter les armements voire d’interdire certaines armes : ce sont les conférences de La Haye de 1893 et 1907.
 
L’entrée en guerre en 1914 voit une violation complète de part et d’autres de ces nouvelles règles : non-respect du personnel de la Croix-Rouge, utilisation d’armes interdites, civils pris pour cibles pour faire plier l’autorité adverse…
 
En parallèle, l’aérien se développe au plan militaire. Les avions et les zeppelins sont d’abord utilisés pour l’observation. Face aux évolutions techniques et aux longues distances qu’ils peuvent parcourir, ils sont vite armés et permettent de viser des cibles inatteignables par d’autres armes. Le 19 janvier 1915, le premier bombardement aérien visant des civils a lieu dans le sud-est de l’Angleterre, dans le comté de Norfolk. Cette opération n’a pas d’objectif militaire et vise simplement à terroriser les populations et à manipuler l’opinion publique par la peur. Elle sous-entend que les civils britanniques ne sont pas à l’abri du conflit, bien qu’étant éloignés du front.
 
Le deuxième article – intitulé Un prisonnier picard revenu d’Allemagne – évoque le portrait de quelques civils français en zone occupée. M. B, cultivateur des environs de Roye, n’a pas été mobilisé. Quand l’armée allemande arrive dans la Somme, il subit l’occupation en même temps que le contexte de guerre : sa vie est menacée par les bombardements, il est contraint de travailler pour l’ennemi, l’alimentation est sommaire et contrôlée par l’armée d’occupation.
 
L’occupation de la Belgique et de la France par l’empire allemand nécessite un besoin de main d’œuvre. C’est aussi un moyen d’éloigner du front des populations valides pouvant servir l’ennemi. L’empire réquisitionne les populations occupées, mais peut aussi évacuer certaines zones du front, pour faciliter les manœuvres militaires et ne pas avoir à y gérer des civils.
 
Les mouvements de populations et les envois volontaires à l’arrière séparent les familles. C’est ainsi que de nombreux Samariens de l’est du département sont emmenés en Allemagne.
 
D’après l’article, M. B. et d’autres compatriotes ont été envoyés au Mecklenbourg-Poméranie, au nord-ouest de Berlin, dans le camp de prisonniers de Parchim. En 1917, il comptera plus de 50 000 prisonniers. Des prisonniers civils et militaires y sont enfermés. Les nationalités représentées sont française, russe, belge et serbe.
 
Les conditions de vie en camp ne sont pas simples : les prisonniers voyagent dans des circonstances difficiles pour y être acheminés (wagons à bestiaux), vivent dans des tentes puis des baraquements de bois et mangent une nourriture insuffisante - seuls les plus riches pouvant se payer un supplément. Enfin, la discipline y est très rigoureuse. D’autres témoignages de prisonniers rapportent que des civils souhaitant un supplément alimentaire ont été roués de coups et ont succombé à leurs blessures.
 

 

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