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Journal de Guerre de Pierre Normand

Pierre Normand

© Famille Cayeux

Les petites-filles de Pierre Normand ont découvert des journaux à sa mort.  Le soldat, architecte devenu capitaine à la fin de la guerre, y décrit ses journées, commente les bâtiments, mais évoque toujours avec pudeur ses camarades morts.  Voici quelques extraits qui narrent des événements dans la Somme.

14 juillet 1916 : «  À Rosières-en-Santerre, qualifié : cantonnement de repos, les soldats croupissaient dans des locaux sordides et ruinés. Des mercantis leur vendaient très cher un vin frelaté dont beaucoup abusaient, il s'agissait peut-être, pour certains, avant l'attaque pressentie, d'épuiser leur pécule. »

18 juillet 1916 : « Le commandant faisant aux officiers réunis ses recommandations y avait ajouté quelques mots sur l'incertitude de nos destinées. Je regardais tour à tour mes camarades, me demandant lesquels manqueraient, hélas, à notre prochaine réunion. Je ne sentais pas peser sur moi-même la menace des risques. »

« Le 19 juillet au soir, je dînais avec les camarades de la 24e compagnie lorsque l'ordre de départ pour 23 heures arriva. Ce fut un terrible moment, je mangeais par contenance, la gorge serrée. Le repas vite achevé, la gaîté subitement tombée ; pour secouer l'anxiété qui nous avait envahis nous parcourions le village faisant aux camarades des visites d'adieu, nous souhaitant mutuellement bonne chance. L'obscurité commençait. Sur le seuil des maisons, nous échangeâmes les dernières poignées de main et chacun retourna où le devoir l'appelait. »

20 juillet 1916 : « Le jour s'est levé. A ce moment le feu allemand devient intense, les explosions se multiplient. Sans relâche les obus éclatent sur nos lignes, percutants et fusants. Au bruit des obus allemands s'ajoute le tonnerre des nôtres qui éclatent à la lisière du Bois étoilé, à 200 mètres à peine. » (...)
« Ma montre souvent consultée marquait six heures cinquante, je me sentis touché par l'épaule. Le commandant venait de m'informer lui-même de l'heure du départ. Les sections furent averties. Je promenai mes regards sur les hommes qui m'entouraient. L'expression de leurs visages impassibles était impénétrable. Près de moi, l'un deux les traits tirés et bridés, buvait à longs traits. Mais voici l'instant précis. Je me lève et donne le coup de sifflet « En avant ». Tout le monde escalade le parapet et s'élance, je me hisse à mon tour et marche revolver au point. »
 

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