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Portrait d’un passionné : Yves Potard

Yves Potard est président de l’association « The digger-cote 160 » (le nom fait référence aux soldats australiens qui durent continuellement creuser des tranchées pendant la Première Guerre mondiale, et à l’indication topographique du moulin de Pozières). Cet ancien professeur d’histoire multiplie les projets pour entretenir le souvenir de la bataille de Pozières.

Quels sont les buts poursuivis par votre association ?

L’objectif principal est d’honorer la mémoire des soldats qui ont combattu à Pozières pendant l’été 1916. Ce fut une bataille emblématique pour les Australiens. C’était leur première victoire sur le front de l'ouest, une bataille terrible, marquée par 23 000 pertes en 6 semaines, et qui a contribué à construire leur identité, à renforcer leur sentiment d’appartenir à une nation à part entière. A travers les projets de l’association, nous essayons de leur rendre hommage.

Comment est née l’association ?

Nous l'avons créée en 2001, nous étions un petit groupe de passionnés. C'est à l’occasion du 90ème anniversaire de la bataille de la Somme que nous avons eu l'idée d’organiser un projet marquant autour de la bataille de Pozières : d'une part la réalisation d'une fresque illuminée sur le château d'eau à l'entrée du village ainsi que des panneaux d'entrée à l'effigie d'un soldat australien et, d'autre part, un son et lumière qui relate l'histoire du village dans la tourmente de la guerre. Le succès a été rapide : en 2007, nous atteignions 4 600 places sur 6 séances.

Que raconte votre son et lumière ?

C’est en lisant le livre de Charles Bean, correspondant de presse officiel de l’armée australienne en France, qu’est venue l’idée du son et lumière. Il raconte de nombreux épisodes du conflit, comme ce combat singulier entre un soldat australien et un officier allemand. Ce dernier, grièvement blessé, tend alors un paquet de lettres à envoyer à sa famille, ce que lui promet de faire le jeune officier australien.

Nous évoquons aussi l’histoire de George Butterworth, compositeur britannique tué le 5 août 1916 et dont le corps n’a jamais été retrouvé, celle de Germaine Pozières, ce bébé retrouvé dans les ruines du village le 29 juillet 1916, mais aussi l'attaque des premiers tanks, ou encore le retour au pays des soldats qui ont traversé l’enfer. Autant de scènes authentiques et bouleversantes qui donnent un éclairage plus humain sur la Bataille de la Somme.

Notre spectacle réunit les générations autour de diverses actions éducatives qui permettent de mieux comprendre les racines et les enjeux de l’histoire contemporaine et visent à transmettre les valeurs nécessaires à la construction du citoyen de demain.

Comment vous est venue la passion de la Grande Guerre ?

Je suis né à Péronne. Comme tous ceux qui vivaient dans les communes situées sur la ligne de front, on jouait beaucoup dans les lieux où subsistaient parfois encore les vestiges de tranchées. Je suis d'une génération qui a pu se nourrir des témoignages des grands-parents qui ont connu la Première Guerre et de ceux des parents qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale. Mon père et mon oncle étaient engagés dans la Résistance. On baignait dans cette transmission de la mémoire vivante. Par la suite je suis devenu professeur d’histoire. Profitant tout naturellement des sites historiques qui nous entourent, j’emmenais fréquemment mes élèves sur les champs de bataille. Je me suis toujours efforcé de les intéresser à notre patrimoine local et au travail de mémoire.

Vous travaillez beaucoup avec les jeunes ?

Oui, nous entretenons un partenariat avec les élèves de BTS tourisme de l'établissement Sainte-Famille à Amiens. Une douzaine d'élèves de 1e année ont participé à la réalisation de notre troisième « rallye conté » sur l'un des trois parcours autour du village. Revêtus des uniformes australiens et allemands, ils se sont glissés dans la peau des soldats pour reconstituer des scènes de la bataille de Pozières, aux endroits précis où les faits se sont produits.

Nous avons besoin d’un vivier de jeunes. Ce sont pour eux des projets formateurs. Nous sommes aussi intervenus à l'école primaire de Pozières, en aidant les élèves à préparer une petite pièce de théâtre qui relate l'histoire de Germaine, l'enfant trouvée dans les ruines du village pendant la Première Guerre.

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La Commonwealth War Graves Commission (CWGC) est chargée de l'entretien des cimetières et mémoriaux du Commonwealth, très nombreux dans la Somme. En 2016, pour le centenaire de la bataille de la Somme, la CWGC propose un programme d'événements commémoratifs couvrant les 141 jours de la bataille (1er juillet-18 novembre).

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