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Portrait : The Samarobriva Pipes and Drums

L’association « The Samarobriva Pipes and Drums », groupe amiénois de musique écossaise, a décidé de s’impliquer dans les commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Elle organise et participe à des événements marquants autour de la musique comme vecteur de partage de la mémoire des pays belligérants. Pascal Lebeau est le « Pipe Major » du groupe (sonneur principal) et président de l’association. Il nous présente les activités et les projets du Samarobriva Pipes and Drums pour le centenaire.

Samarobriva Pipes and Drums - 1 - janv 15

Quand est née votre association et quelles sont ses activités ?

 
J’ai créé l’association The Samarobriva Pipes and Drums en 2007, avec Jean-Louis Happe, pour réunir les passionnés de musique écossaise et pour favoriser l’apprentissage de cette musique. Plus généralement, notre objectif est aussi de faire partager la culture celtique. Nous avons aujourd’hui 32 adhérents et nous participons à des représentations en Picardie et dans d’autres régions.

Quelle place occupe le centenaire de la Grande Guerre dans vos activités ? Est-ce un rendez-vous que vous attendiez particulièrement ?

 
Le centenaire de la Grande Guerre est un événement qui nous tient à cœur. Il n’est pas à l’origine de la création de l’association mais les adhérents ont souhaité que nous y prenions notre place, pour mettre en valeur la cornemuse dans la Somme, son histoire, ses liens avec la Grande Guerre. Nos idées ont petit à petit cheminé, nous souhaitions vraiment nous inscrire dans cette thématique du centenaire. Nos projets ont mûri et se sont intégrés au programme de commémoration en recevant la labellisation du Conseil général et de l’Etat.

Quel était le rôle de la musique pendant la Grande Guerre, parmi les forces britanniques ?

 
Il y avait des sonneurs de cornemuse dans les régiments écossais, ils étaient les premiers à sortir des tranchées. Ils ont été décimés pendant le conflit. Il a fallu reformer toute une escouade de sonneurs après la guerre. Le cinéma leur a d’ailleurs rendu hommage dans le célèbre film  « Le jour le plus long » qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. Je pense à cette fameuse scène où, Bill Millin, sonneur de cornemuse, traverse le « Pegasus bridge ». En fait, après la Première Guerre les règlements britanniques ont interdit les cornemuses dans les régiments. Mais dans le film on voit Lord Lovat, écossais, qui ordonne à son sonneur de parader, en déclarant que le règlement britannique ne s’applique pas aux troupes écossaises. Dans les régiments écossais les sonneurs avaient une dimension symbolique forte. Chaque régiment ou presque avait son sonneur. Historiquement la cornemuse a toujours été un instrument militaire, et les musiciens ont payé un lourd tribut pendant la Grande Guerre. Nous leur rendons hommage à travers nos événements, mais plus largement nous rendons hommage à tous les soldats, quelque soit leur nationalité. Nous organisons d’ailleurs tous les deux ans notre propre circuit du souvenir sur des sites allemands, français ou du Commonwealth.

Pouvez-vous revenir sur votre participation au 100ème anniversaire de l’offensive d’Ovillers-La-Boisselle le 13 décembre 2014 ? Comment s’est déroulé l’événement ?

 
Pour restituer un peu le contexte, la commune d’Ovillers est jumelée avec celle de Landerneau en Bretagne. Les régiments bretons de Landerneau et Vannes se sont battus à Ovillers-La Boisselle dans la Somme, le 17 décembre 1914. Au cours de cette bataille, 1 138 soldats, officiers et sous-officiers du 19ème régiment d’infanterie de Landerneau sont tombés. Ils ont été relevés par les régiments écossais. La ville de Landerneau a donc organisé le 13 juillet 2014 une commémoration, labellisée par la mission du centenaire. Nous avons été invités à cet événement en compagnie du Bagad Bro Landerne. Nous avons ensuite organisé en retour une cérémonie à Ovillers-La-Boisselle le 13 décembre 2014, presque cent ans jour pour jour après la bataille d’Ovillers. Pour l’occasion, en collaboration avec la commune, la municipalité de Landerneau a été invitée, de même que le Bagad Bro Landerne et un groupe de musique de la ville d’Hünfeld en Allemagne, jumelée à Landerneau. Nous avons joué des titres du répertoire écossais, le Bagad a joué un morceau breton, puis nous avons joué en commun un titre breton.

Qu’a représenté pour vous cet événement ?

Samarobriva Pipes and Drums - 2 - janv 15
 
Nous voulions rendre hommage à tous les soldats, bretons, écossais, allemands. Les descendants du lieutenant Augustin de Boisanger, tombé lors de la bataille d’Ovillers, étaient là, ainsi que les descendants de l’officier allemand qui avait récupéré et transmis les lettres du lieutenant adressées à sa famille. C’était un symbole fort, un moment de rassemblement autour de la musique comme langage commun que nous partageons tous.

Vous avez également participé au Festival interceltique de Lorient ?

 
Oui nous avons eu cette chance ! Nous avons participé à la grande parade des nations celtes, en 5ème position. Cette grande parade a eu lieu le 3 août 2014, cent ans jour pour jour après l’ordre de mobilisation générale en France. Nous étions le seul Pipe Band picard présent au festival ! C’était quelque chose d’extraordinaire pour nous, pour une association de seulement huit ans d’existence ! C’était très impressionnant, l’organisation, la foule nombreuse et chaleureuse, les 75 groupes de musique présents… Ce furent des moments extraordinaires, gravés dans nos mémoires.

Pour conclure, quelles sont vos prochaines actions prévues pour le centenaire ?

 
Nous avons un gros projet en préparation. En 2016 nous espérons réunir beaucoup de sonneurs de toutes nationalités à Amiens, pour le centième anniversaire de la bataille de la Somme. Le projet se peaufine petit à petit. Notre objectif est de réunir symboliquement 2016 musiciens, autour d’un parcours à Amiens, pas encore totalement figé. Et notre rêve ultime serait de pouvoir réunir tous les pays qui ont participé au conflit. Si on y arrive, ce sera un très beau défi relevé !

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