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Unes d'époque : juin et juillet 1915

Deux Unes de journaux d'époque à découvrir, qui retracent les principaux événements de la Grande Guerre.

Une Memorial Amiens

2 juin 1915 : le Mémorial d'Amiens évoque l'exploitation de la Belgique

 
Le Mémorial d’Amiens et du Département de la Somme du 2 juin 1915, se fait l’écho de l’occupation de la Belgique et des très lourdes contraintes financières imposées à sa population. Il nous permet de nous approprier le contexte et les difficultés de ce petit État pendant la Grande Guerre.
 
La situation de la population civile belge est connue en France. Les informations circulent via les pays neutres, des associations comme la Croix-Rouge qui essaient de subvenir aux besoins des populations ou des Belges déplacés transitant par des pays neutres.
 
En 1914, la neutralité de la Belgique est reconnue dans les conventions internationales. L’État n’est pas préparé pour faire face à un conflit. La violation de sa neutralité en août 1914 par l’armée allemande soulève la désapprobation internationale et l’entrée en guerre du Royaume-Uni. Le roi Albert Ier devient le fer de lance de l’opposition face à l’Allemagne.
 
Prise de court, la Belgique mobilise son armée et combat aux côtés des troupes franco-britanniques. La fulgurante avancée allemande ne permet pas de reprendre le territoire belge, presque en totalité envahi. Commence alors pour la population civile, une expérience de guerre difficile et inédite.
 
Les premiers contacts entre les civils belges et l’armée allemande débutent par  de multiples exactions : l’armée d’occupation craint une réaction civile armée de francs-tireurs depuis l’expérience parisienne de 1870 et utilise la violence pour étouffer toute rébellion. 
 
Ces mesures répressives d’une violence inouïe aboutissent à la terreur dans la population. Les armées alliées ne parvenant pas à reprendre le territoire belge, l’invasion se transforme en occupation du fait de sa durée. L’armée allemande, devant soutenir son effort de guerre, organise avec rigueur cet espace militairement et administrativement. D’après les conventions en vigueur en 1914, elle doit assurer une bonne logistique pour ses troupes, assurer le maintien de l’ordre et peut exiger une contribution à l’effort de guerre et l’entretien de l’armée ennemie, à la charge des occupés.
 
Cependant, l’article du Mémorial d'Amiens souligne l’exagération de ces mesures coercitives imposées par l’armée allemande, notamment au plan financier. Les réquisitions – en nature ou en espèces, sont massives, au regard des moyens dont disposent les Belges. Dès août 1914, ils se retrouvent sans le secours de leur État – le gouvernement et le roi n’ayant pas capitulé et menant la guerre depuis le territoire français. Au plan économique, la guerre a mis un frein à l’activité économique et des entreprises, industries et mines ne fonctionnent plus pour éviter de participer à l’effort de guerre allemand. Cette situation aboutit à dégrader rapidement les conditions de vie, à paupériser la population et à la priver de ses ressources.
 
Il est également à noter que beaucoup d’hommes sont au front ou prisonniers, une partie de la population a fui vers la France devant l’avancée de l’armée allemande, des zones de combats ont été évacuées, des populations ont été déportées vers l’arrière, le besoin de main d’œuvre en Allemagne a déplacé des populations sans distinction de sexe ou de classe sociale et les Belges occupés ne peuvent circuler sans autorisation spéciale. De fait, sans travail, sans les ressources humaines usuelles, vivre et se nourrir devient extrêmement difficile.
 
Dans ce contexte, le montant des amendes exigées par l’Allemagne aux particuliers et aux communes est complètement disproportionné vis-à-vis des ressources existantes. La répression économique maintient la population en état de choc et est utilisée pour l’assujettir et mieux la contrôler. Elle est clairement muselée et subit doublement la guerre. Aux duretés inhérentes au conflit, elle doit faire face aux brutalités morales et physique imposées par l’occupant.
 

31 juillet 1915 : le Pilote de la Somme revient sur l'accord bulgaro-turque

 
Le pilote de la Somme est un journal de l’ouest du Département, basé à Abbeville et fondé en 1811.
 
L’article, intitulé « L’accord bulgaro-turque » est publié le 31 juillet 1915. Si quelques pays s’étaient initialement lancés dans la Première Guerre mondiale, le jeu des alliances politiques, les sphères d’influence et les différents enjeux poussent de nombreux États à entrer progressivement en guerre. Le conflit se généralise.
 
Le Sud-Est de l’Europe a déjà subi les deux guerres balkaniques en 1912 et 1913. Les forces régionales s’opposaient alors pour défendre des enjeux territoriaux, profitant que l’empire ottoman périclite. La Bulgarie, indépendante depuis 1908, s’était associée aux pays balkaniques lors du premier conflit et avait reçu de grands territoires, dont la Macédoine et la Thrace. Mais les accords de paix ont été dénoncés et la deuxième guerre balkanique a vu la Bulgarie changer de camp, devenant alors l’alliée de l’empire ottoman. Un échec s’ensuivit et l’État perdit les territoires gagnés en 1912, au profit de ses voisins – une perte très mal vécue – à l’égal de l’Alsace-Moselle pour la France d’après certaines sources historiques.
 
En 1914, les Balkans sont concernés au premier plan par la Première Guerre mondiale et voient s’affronter troupes de l’alliance (empires allemand, austro-hongrois et ottoman), contre troupes de l’Entente (Russie et par association Serbie, empire britannique et France).
 
Les puissances locales en présence s’interrogent sur l’opportunité de s’engager dans le conflit. Si la Bulgarie reste neutre en 1914, elle est approchée par les deux camps, représentant une ressource essentielle dans le conflit. Souhaitant récupérer nombre de territoires perdus lors de la deuxième guerre balkanique au profit des Roumains, Grecs et Serbes, la Bulgarie est plus intéressée par les propositions de l’Alliance. Elle s’associe de nouveau à l’empire ottoman. De fait, l’Alliance devient plus puissante dans les Balkans. Elle entre officiellement en guerre en octobre 1915.
 
De son côté, « la Sublime Porte » - surnom de l’empire ottoman - et le mouvement Jeunes-Turcs à sa tête, cherchent à rasseoir la puissance perdue de l’Empire en Europe et notamment dans les territoires de culture grecque.
 
 

À la une

Unes d'époque : juin et juillet 1915

La Commonwealth War Graves Commission (CWGC) est chargée de l'entretien des cimetières et mémoriaux du Commonwealth, très nombreux dans la Somme. En 2016, pour le centenaire de la bataille de la Somme, la CWGC propose un programme d'événements commémoratifs couvrant les 141 jours de la bataille (1er juillet-18 novembre).

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