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Violences de guerre, droit et armes nouvelles

Au tournant des XIXe et XXe siècles, les progrès scientifiques bouleversent la société, y compris au niveau militaire, créant des armes nouvelles et par conséquent de nouvelles blessures. Si les États cherchent avant 1914 à y apporter une réponse humaine et légale, la guerre emporte ce souhait et fait place à une violence inconnue jusque là.

 

Le XIXe siècle se caractérise par des avancées scientifiques dans tous domaines, y compris en matière d'armement. Cette évolution, notamment de l’artillerie, provoque des lésions plus graves et plus violentes sur les corps des combattants, constatés par exemple pendant la guerre de Crimée, la guerre des Boers... . Face aux combattants agonisant en masse sur les champs de bataille et sans bénéficier d’aucuns soins, le suisse Henri Dunant créé la Croix rouge, pour porter secours aux blessés et apporter une réponse médicale et humaniste organisée. Cette situation amène de nombreux pays surtout européens, à réfléchir ensemble pour atténuer la violence de guerre, notamment lors des conférences de La Haye de 1899 et de 1907. S'appuyant sur leurs expériences de guerre, les États tentent de renforcer le droit pénal international, entre autres pour limiter voire interdire les armements et ses conséquences sur les hommes (comme les balles explosives…), garantir le traitement des prisonniers et assurer la protection du personnel soignant, agissant notamment dans le cadre des Services de santé de chaque armée.

 

Dès 1914, ces règles ne sont pas ou peu appliquées par les belligérants. Des populations civiles sont victimes d’exactions, les Services de santé sont visés sur les champs de bataille alors qu’ils portent secours aux blessés et subissent parmi les plus grosses pertes de chaque armée.

 

En parallèle, le déclenchement du conflit s’accompagne de l’utilisation d’armes « interdites » ou prohibées, malgré les conférences de La Haye. La guerre pousse même les belligérants à en créer de nouvelles. Le gaz est utilisé en 1915 à Ypres, tandis que les premiers chars, créés par les Britanniques, apparaissent pour la première fois sur un champ de bataille à Longueval, pendant la bataille de la Somme, le 15 septembre 1916. L’artillerie domine les champs de bataille et n’épargne aucun combattant. La médecine de guerre est confrontée à des traumatismes nouveaux et particulièrement destructeurs, constatés en masse et à une fréquence jamais connue. La place prépondérante de l’artillerie marque un tournant décisif dans les pratiques, les tactiques et les stratégies militaires et explique en partie cette brutalité nouvelle de la guerre.

 

En 1919, la Grande Guerre a bouleversé en profondeur les sociétés qui l’ont vécue par sa durée, le nombre de morts, les destructions engendrées… Les anciens belligérants créent la Société des Nations – outil devant garantir durablement la paix et éviter une nouvelle déflagration aussi violente que l’est la Première Guerre mondiale.