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Centenaire de la bataille du bois Delville

Mardi 12 juillet 2016, au mémorial de Longueval, ont eu lieu les commémorations du centenaire de la bataille du bois Delville (surnommé "Devil wood", "bois du diable"), au cours de laquelle les troupes sud-africaines subirent d'énormes pertes. Le Président de la République d'Afrique du Sud, Jacob Zuma, s'est rendu sur place pour rendre hommage à tous les soldats sud-africains tombés au cours de la Grande Guerre.


Retour en images sur les commémorations du centenaire de la bataille du bois Delville à Longueval - 12 juillet 2016

 

 

NOUVEAU : Un musée revisité, fier de son histoire "en noir et blanc"

 

Inauguré le 11 novembre 1986, au temps de l'apartheid, le musée de Longueval est bâti autour de la Croix de la Consécration. Le concept du musée est inspiré du château de Bonne-Espérance au Cap, première fortification européenne édifiée en Afrique du Sud. De magnifiques bas-reliefs en bronze évoquent les batailles auxquelles ont participé les soldats sud-africains. L'un d'eux, intitulé « sixième jour », illustre le retour des rares soldats rescapés du bois Delville. Les bas-reliefs illustrent aussi la participation de l'armée sud-africaine à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre de Corée (1950-1953).

30 ans après son inauguration, le 12 juillet 2016, pour les commémorations du centenaire de la bataille de la Somme, le musée renouvelé se présente sous un autre jour. Sa collection de murs sculptés, d'objets et de documents d'époque entend valoriser également le rôle actif dans les différents conflits des combattants sud-africains noirs, souvent présentés torses nus comme des travailleurs rustres. Une façon de rendre toute sa vérité à la mémoire collective.

Avec ce "nouveau" musée national inauguré par le Président de la République d'Afrique du Sud Jacob Zuma, le pays s'affiche comme un et indivisible et affirme la richesse de son histoire "en noir et blanc".

Derrière le musée se dresse un charme, couvert de cicatrices, seul rescapé des combats.

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Le directeur du site de Longueval, Thapedi Masanabo.

4 questions à Thapedi Masanabo, directeur du site de Longueval

Depuis 2007, il se bat pour faire reconnaître le rôle joué par les Noirs Sud-Africains lors de la Première Guerre mondiale. Restés dans l'ombre, ils n'ont en effet jamais reçu de médailles et ont été longtemps les oubliés des livres d'histoire. Ce mardi 12 juillet, la commémoration internationale à Longueval a mis en lumière leur bravoure et leur rôle essentiel.

Que retenez-vous de cette journée de commémoration ?
Nous avons honoré nos héros. Sur le Mur du Souvenir que nous avons inauguré, presque 14 000 noms de tous les Sud Africains noirs et blancs sont inscrits par ordre alphabétique à égalité. Ils sont le symbole d'un pays réconcilié avec lui-même, après le temps de l'apartheid. A l'école, les enfants découvrent depuis peu ce qui s'est passé en France. La venue de notre président est pour moi très symbolique. Elle témoigne de l'attachement de mon pays à ses soldats morts au combat. Désormais, notre mémorial devient un lieu national reconnu.

 
Quel endroit du site vous touche le plus ?
J'apprécie l'ensemble du site. A chaque pas que j'y fais, je ressens quelque chose d'indicible. Surtout quand j'imagine la bataille sanglante et terriblement meurtrière qui s'est livrée ici. 100 ans plus tard, le lieu est si paisible. Il m'arrive d'y apercevoir des chevreuils venus tranquillement s'y promener.
 
Qui visite le site ?
D'abord des touristes de mémoire venus de Grande Bretagne, vu la proximité géographique. Ce que nous avons partagé aujourd'hui va sûrement déclencher la visite de Sud Africains. C'est important qu'ils se rendent compte à leur tour que cette histoire terrible a vraiment existé.
 

Quel message souhaitez-vous adresser aujourd'hui aux habitants de la Somme ?
J'aimerais qu'ils s'approprient ce site, pour mieux comprendre la présence des Sud Africains dans leur département. Nous avons un devoir de mémoire envers eux pour toute la vie. Pas seulement pour aujourd'hui ! En combattant, ils pensaient d'abord aux autres. Ils ont donné leur vie pour que les autres puissent vivre.

Propos recueillis par Isabelle de Wazières



 

Une bataille terrible

La Bataille de la Somme correspond au premier engagement majeur des troupes d'Afrique du Sud sur le front occidental. Le 15 juillet 1916, la 1ère Brigade d'infanterie sud-africaine comprenait 121 officiers et 3 032 hommes. Elle reçut la mission de prendre et tenir le bois Delville à tout prix. Durant 5 nuits et 5 jours, les troupes sud-africaines luttèrent contre diverses unités du 4ème corps d'armée allemand.

Surpassés en nombre et attaqués sur trois côtés, pratiquement décimés, les Sud-Africains parvinrent après d'âpres combats à conserver une partie du bois.

A la relève le 20 juillet 1916, seuls 142 hommes sortirent de ce qui restait du bois. Quand la brigade se rassembla, il ne demeurait que 780 hommes valides. Ces combats ayant été si violents, les troupes anglo-saxonnes rebaptisèrent le bois « Devil wood » - le « bois du diable ».

 

Le mémorial de Longueval

Le bois Delville représente depuis lors le symbole national sud-africain du courage et du sacrifice. Ravagé par les combats de 1916, le bois fut replanté et réaménagé dans les années 1920 afin d'y accueillir le mémorial national sud-africain. Des souscriptions publiques furent levées pour l'édification d'un monument national dans le bois à la mémoire des Sud-Africains tombés durant la Grande Guerre sur tous les théâtres d'opération. Sa conception fut confiée à Sir Herbert Baker. Il fut inauguré le 10 octobre 1926.

Le monument porte les dédicaces en anglais et en afrikaner et son dôme est surmonté d'une statue en bronze, œuvre d'Alfred Turner, représentant Castor et Pollux menant un cheval de combat et s'étreignant la main en signe d'amitié. Cette œuvre symbolise l'union de tous les peuples d'Afrique du Sud.

 

La transformation du mémorial et du musée

Seuls les soldats sud-africains blancs sont enterrés au bois Delville. Les soldats sud-africains noirs n'avaient pas le droit de porter les armes. Ils devaient travailler dans les chantiers et en première ligne, apporter les fournitures et munitions, abattre les arbres, etc. Plus de 21 000 soldats sud-africains noirs ont ainsi servi en France durant la Grande Guerre.

Ce rôle important joué par les troupes noires a été longtemps occulté par le gouvernement d'Afrique du Sud, lorsque l'apartheid était encore en vigueur. Ces dernières années, le gouvernement sud-africain a donc initié une transformation du site de Longueval afin de rendre hommage aux troupes noires sud-africaines et construire une histoire militaire sud-africaine juste et objective.

Cette transformation a également pour objectif de compléter les approches (histoire militaire, personnalisée, sociétale), d'introduire de nouvelles formes de devoir de mémoire, innovantes, de créer un musée orienté vers l'utilisateur, qui stimule les interactions et une réflexion critique sur l'histoire de la Première Guerre mondiale, le patrimoine et l'utilisation politique de l'Histoire.

 

La transformation s'effectue en plusieurs phases :

- 30 juin 2014 : réinhumation du premier membre du Corps sud-africain indigène de travailleurs à être tombé au cours de la Grande Guerre. Le corps a été exhumé et réinhumé dans la cour du musée du bois Delville. Il était auparavant enterré dans un cimetière civil en Seine-Maritime à Bléville près du Havre. Cette réinhumation représentait un puissant message de réconcilitation de la nation et de restauration de la dignité des soldats noirs sud-africains. Cette action a contribué à consolider la diversité de la nation sud-africaine.

 

- 12 juillet 2016 : A l'occasion des cérémonies du centenaire de la bataille du bois Delville, a été inauguré le jardin du souvenir, en hommage aux 600 soldats dont les corps sont restés sans sépulture dans les bois. Un mur commémoratif a été édifié pour honorer tous les soldats sud-africains, tant les membres de la brigade d'infanterie que ceux du corps de travailleurs, enterrés en France et ailleurs dans le monde au cours de la Grande Guerre.

Par ailleurs, les expositions du musée et les sections relatives aux deux guerres mondiales ont été mises à jour.

 

- Phase 3 : Mise à niveau des présentations, des objets de musée et des expositions liées au naufrage du navire SS Mendi. Lancement de cette phase III en février 2017, 100 ans après le naufrage.
 

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